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Kalina, femelle lamantin © MNHN - F.-G. Grandin

Animaux réels, animaux fantastiques : cinq créatures à (re)découvrir !

Au cœur des biozones

Au fil des siècles, les hommes n’ont cessé d’inventer des animaux fabuleux, dotés de capacités extraordinaires… Prêts à faire leur connaissance ?

Du 17 octobre au 1er novembre 2020, le Parc zoologique de Paris vous invite à un voyage fascinant sur les traces des chimères, hybrides et autres créatures fantastiques, à travers des événements inédits : conférences, exposition, jeu de piste, atelier créatif, contes…

Pour vous faire patienter, partons à la découverte de cinq chimères et des animaux qui les ont inspirées…

Une chimère : c’est quoi, au juste ?

Dans la mythologie grecque, la chimère est un monstre à tête et poitrail de lion, ventre de chèvre et queue de dragon, crachant des flammes. Le héros Bellérophon parvient à la terrasser en chevauchant le cheval ailé Pégase.

Cratère en calice à figures rouges : Bellérophon, Pégase et la Chimère © Gallica, Bibliothèque nationale de France

Mais aujourd’hui, le terme « chimère » peut désigner, de manière plus générale, des êtres composites présentant des éléments caractéristiques d’espèces différentes.

On peut aussi les qualifier d’hybrides.

Johannes de Cuba, Ortus Sanitatis, 1497 © Muséum national d’Histoire naturelle
Le griffon, estampe, M. Schongauer © Gallica, Bibliothèque nationale de France
Aldrovandi Ulisse, Monstrorum historia, cum Paralipomenis historiae omnium animalium, 1642 © Muséum national d’Histoire naturelle
Chimère de M. Desprez, estampe © Gallica, Bibliothèque nationale de France

Sirène ou lamantin ?

Les sirènes apparaissent pour la première fois en littérature dans L'Odyssée d’Homère, au VIIIe siècle avant notre ère : ce sont des démons qui envoûtent les marins de leurs chants. Pour leur résister, Ulysse est contraint de s’attacher au mât de son navire !

Dans la mythologie grecque, elles sont souvent dépeintes comme des chimères mi-femmes mi-oiseaux, à la différence des sirènes des légendes nordiques, créatures mi-femmes mi-poissons.

Les bestiaires médiévaux s’approprient cette double tradition, avec des sirènes tantôt femmes-oiseaux, tantôt femmes-poissons…

Aldrovandi Ulisse, Monstrorum historia, cum Paralipomenis historiae omnium animalium, 1642 © Muséum national d’Histoire naturelle
Poissons, écrevisses et crabes de diverses couleurs et figures extraordinaires que l'on trouve autour des îles Moluques et sur les côtes des terres australes, estampes © Gallica, Bibliothèque nationale de France
<em>La petite sirène</em>, Andersen, enluminé par J. Bilibine © Gallica, Bibliothèque nationale de France
Aldrovandi Ulisse, Monstrorum historia, cum Paralipomenis historiae omnium animalium, 1642 © Muséum national d’Histoire naturelle

Mais quel rapport avec le lamantin, nous direz-vous ? Ce mammifère aquatique serait à l’origine du mythe de la sirène ! On raconte que les marins confondaient autrefois les cris des lamantins (« lamentations ») avec les chants des sirènes. Pourtant, ces cris sont très difficilement perceptibles par l’oreille humaine... Alors, légende ou réalité ?

Ce qui est sûr, c'est que le lamantin appartient à l’ordre des siréniens (Sirenia), établi en 1811 par le zoologiste allemand Illiger. Ce nom aurait notamment été choisi à cause des mamelles pectorales des femelles lamantins, qui gonflent lors de l’allaitement et feraient songer aux poitrines des sirènes !

 

Kalina, femelle lamantin © MNHN - F.-G. Grandin
Léon de Wailly, Lamantin des Antilles, 1814 © Muséum national d’Histoire naturelle
Cuvier, Iconographie du règne animal – Lamantin © Muséum national d’Histoire naturelle

Sphinx ou lion ?

La sphinge de la mythologie grecque est un cruel hybride de femme-lion ailée, qu’Œdipe parvient à vaincre en résolvant son énigme.

Mais on trouve aussi cette figure dans la mythologie égyptienne, où le sphinx est une chimère avec un corps de lion et une tête d’homme, qui se dresse devant les grandes pyramides d’Égypte.

Amphore attique à figures rouges : Œdipe et le Sphinx © Gallica, Bibliothèque nationale de France
Le grand sphinx dégagé du sable : photographie de presse / Agence Meurisse © Gallica, Bibliothèque nationale de France

Le lion occupe une place particulière dans l’imaginaire des hommes et son image effrayante ou protectrice apparaît dans de nombreuses civilisations. Associé aux puissants, il symbolise la force et la détermination, mais aussi parfois le courage et la sagesse.

Il est vrai que le roi des animaux est doté de caractéristiques impressionnantes : c’est le plus grand carnivore d’Afrique, il dispose d’une force considérable et son rugissement est perceptible à des kilomètres !

Nicolas Maréchal, Lion de Tunis, 1801-1802 © Muséum national d’Histoire naturelle
Lionne © MNHN - David Buchemeyer
Georges Cuvier, Le Lion, 1801 © Muséum national d’Histoire naturelle

Loup-garou ou loup ?

Dans la mythologie grecque, Lycaon est un roi légendaire d’Arcadie, réputé pour son impiété. Doutant de la nature divine de Zeus, il lui sert à manger de la viande humaine. Indigné, Zeus le foudroie et le transforme en loup.

La lycanthropie (transformation d'un homme en loup) a connu une riche postérité dans les arts, notamment dans les littératures fantasy et fantastique ainsi qu’au cinéma… 

Johannes de Cuba, Ortus Sanitatis, 1497 © Muséum national d’Histoire naturelle
Recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles © Gallica, Bibliothèque nationale de France

Rien d’étonnant à cela : dans notre société, le loup suscite depuis bien longtemps un mélange de fascination et de peur. Pourtant, c’est un animal craintif qui s’approche rarement des humains !

En France, les loups ont été décimés au XXe siècle : le dernier d'entre eux a été abattu en 1937. Depuis 1992, on observe un retour naturel de cette espèce dans l’Hexagone, dans des régions où il avait totalement disparu.

Loup ibérique © MNHN - F.-G. Grandin
John James Audubon, The viviparous quadrupeds of North America, 1846-1854 © Muséum national d’Histoire naturelle

Arachné ou néphile dorée ?

Le mythe d’Arachné est évoqué pour la première fois dans Les Métamorphoses d’Ovide.

Jeune femme originaire de Lydie, Arachné s’attire les fureurs d’Athéna en se vantant d’être la plus habile tisseuse du monde, meilleure que la déesse elle-même. Jalouse et furieuse, cette dernière détruit la broderie d’Arachné qui, désespérée, se donne la mort.

Prise de remords, Athéna décide alors d’offrir une seconde vie à Arachné : elle la change en araignée suspendue à son fil, la condamnant à tisser sa toile pour l'éternité !

Pallas change Arachné en araignée, manuscrit © Gallica, Bibliothèque nationale de France
Arachné dans <em>Le Purgatoire</em> de Dante Alighieri, avec les dessins de Gustave Doré © Gallica, Bibliothèque nationale de France

Les araignées produisent de la soie sous diverses formes (toile, tapis, tube…) et pour des usages variés (refuge pour muer, cocons pour les œufs, piège…).

Les femelles néphiles dorées, par exemple, capturent leurs proies en construisant une toile géométrique qui peut mesurer jusqu’à un mètre de diamètre ! Le mâle vit sur la toile de la femelle, se nourrissant des insectes pris au piège.

Néphile de Madagascar © MNHN - F.-G. Grandin

Vampire ou chauve-souris ?

Le vampire est un personnage emblématique de la littérature fantastique et du cinéma d’horreur. On lui attribue parfois certaines caractéristiques physiques et comportementales des chauves-souris vampires (sous-famille des Desmodontinae), qui vivent la nuit et se nourrissent de sang…

Les désastres de la guerre, estampe, Francisco de Goya © Gallica, Bibliothèque nationale de France

Mais saviez-vous que 99 % des chauves-souris ne boivent pas de sang ? En réalité, seules trois espèces actuelles sont hématophages… et elles s’attaquent très rarement aux humains !

Les roussettes de Rodrigues du Parc zoologique de Paris sont frugivores et nectarivores. Ce ne sont pas non plus des animaux nocturnes : elles s’activent plutôt en fin de journée et se repèrent grâce à leur vue et leur odorat.

Ces chauves-souris jouent un rôle important dans l’écosystème puisqu’elles participent à la pollinisation des plantes et à la régénération de la forêt tropicale en disséminant les graines qu’elles ne digèrent pas !

Roussette de Rodrigues © MNHN – F-G. Grandin
Retrouvez toute la programmation du Rendez-vous sauvage de l’automne sur le thème des animaux fantastiques.

Sources :

Visuels issus de Gallica :