Fermeture annuelle

Le Parc zoologique de Paris sera fermé du 3 au 23 janvier 2022 inclus (y compris les week-ends), réouverture le lundi 24 janvier 2022.

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Triton alpestre © MNHN – F.-G. Grandin

Des découvertes positives pour le triton de Bosnie !

Découverte

On le pensait éteint dans la nature, mais les dernières recherches indiquent que le triton alpestre de Bosnie n’a pas disparu.

Une espèce menacée

Depuis 2015, le Parc zoologique élève des tritons alpestres de Bosnie, Ichthyosaura alpestris reiseri, qui se reproduisent avec succès grâce aux bonnes conditions mises en place pour satisfaire leurs exigences biologiques.

Cette sous-espèce de tritons, très menacée, serait endémique d’un lieu unique en Bosnie-Herzégovine, le lac Prokosko sur le mont Vranica. L’introduction de poissons dans ce lac dans les années 80 a entrainé l’extinction de la population qui était considérée jusqu’ici par certains chercheurs comme éteinte dans la nature.

De nouvelles découvertes scientifique

Mais Olivier Marquis, gestionnaire de collection des reptiles et amphibiens au Parc zoologique de Paris, et son équipe, travaillent depuis 2017 avec l'ATRA (l'association herpétologique de Bosnie-Herzégovine), l’Université de Sarajevo et le groupement d’éleveurs privés d’Urodèle (French Urodel Group) pour faire le point sur la situation de cette sous-espèce dans la nature et en captivité.

Les résultats de leur projet de recherche ont été publiés en octobre 2021, dans un article résumant des découvertes essentielles pour la connaissance et la préservation du Triton alpestre de Bosnie.

Les missions de terrain organisées autour du lac Prokosko ont permis de retrouver des tritons survivants dans certaines marres autour du lac. Ces animaux ont ensuite été comparés génétiquement aux individus captifs issus d’individus capturés dans le lac dans les années 80 ainsi qu’aux autres tritons alpestre échantillonnés dans différents pays des Balkans.

Triton alpestre © MNHN – F.-G. Grandin

Triton (re)trouvé !

Les analyses génétiques ont finalement déterminé que les tritons vivant près du lac sont génétiquement similaires à ceux actuellement en captivité au Parc Zoologique de Paris. Les individus retrouvés dans la nature sont donc bien de la bonne sous-espèce et indique donc que celle-ci n’a pas totalement disparu de la nature. D’autre part, la comparaison avec les tritons alpestre d’autres pays des Balkans a montré que les animaux du lac Prokosko et de ses alentours formes un groupe génétiquement singulier et très différent des autres tritons des Balkans.

Ces conclusions sont donc de bonnes nouvelles pour la biodiversité, révélant ainsi que Ichthyosaura alpestris reiseri n’a pas complètement disparu dans son milieu naturel. Cela constitue une première étape vers la mise en place de mesures de protection pour cette sous-espèce que l’on pensait jusqu’alors éteinte. En effet, même si aucun triton n’a été trouvé dans le lac même, ces résultats prouvent que cette sous-espèce est finalement endémique d’un périmètre élargi autour du lac sur le Mont Vranica.

Le rôle du zoo : étudier pour protéger

La réussite de ce type de travaux démontre le rôle essentiel de la recherche et des programmes de conservation ex-situ au sein des parcs zoologiques, permettant d’identifier et de mieux connaitre certaines espèces dans la nature pour mieux les préserver.

En effet, ces études approfondies et la reproduction du triton alpestre de Bosnie au sein du Parc zoologique de Paris en lien avec des acteurs locaux, pourront permettre, à terme, d’envisager une potentielle réintroduction dans leur milieu d’origine pour renforcer la population locale de triton.

Triton alpestre © MNHN – F.-G. Grandin